Mes activités de consultant en publicité radio en République Démocratique du Congo (RDC) m’ont amené à débattre il y a quelques mois sur l’opportunité de diffuser ou non une campagne de communication gouvernementale. Il s’agissait de promouvoir les « 5 chantiers de la République » présentés comme une action de stimulation, de fédération de la population, autour d’actions concrètes du gouvernement actuel. Or notre charte éthique (comme celles de la plupart des médias de service public) interdit notamment la publicité à caractère politique ou de propagande. Après avoir délibéré sur la question de savoir s’il s’agissait d’une campagne institutionnelle ou pas, nous avons décidé de renoncer.
La campagne de sensibilisation sur la réforme des retraites financée par le gouvernement français actuellement diffusée sur les télévisions privées et publiques m’interpelle. Où donc se situe la limite entre communication institutionnelle et propagande politique ?
Si vous avez un avis juridique ou une jurisprudence sur cette question, merci de m’éclairer par votre commentaire.




Un commentaire
Bonjour Michel,
Tu as raison de t’interroger à ce sujet. Je pense que nous le devons tous, et qu’il n’y a pas de réponse définitive et uniforme sur un tel dossier, puisqu’il faut notamment prendre en compte le contexte et les portées symboliques de tel ou tel message pour un public donné. En l’occurence, je me pose aussi la question sur la légitimité des communications du gouvernement français. Il s’agit d’ailleurs d’une nouveauté introduite depuis l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, auparavant des campagnes de ce type étaient rares voire inexistantes.
Cela dit, la « pub » que tu as mise sur ton blog me semblerait acceptable en l’occurence pour des radios de « service public » telles que nous les concevons : aucune allusion du type « aidons le gouvernement à faire ceci ou cela », il n’y a pas de message sur le contenu que devrait avoir cette réforme, seulement une sensibilisation de la population et une incitation à ce que chacun se préoccupe de ce dossier. Cette campagne d’ailleurs a lieu AVANT que le gouvernement ne mette en place sa réforme. Enfin il ne s’agit pas non plus d’un slogan de campagne de Sarkozy, mais d’un dossier objectif et récurrent en France quels que soient les gouvernements. En cela c’est différent selon moi de la campagne des autorités congolaises sur les « 5 chantiers », slogan du Président Kabila qui est même entré comme tel dans le langage populaire à Kinshasa. De précédentes campagnes du gouvernement français m’avaient davantage gêné, et correspondaient selon moi à celle sur les 5 chantiers (notamment celle sur les heures supplémentaires défiscalisées, qui avait clairement pour but de vanter la mesure phare du candidat Sarkozy, après que cette mesure ait été mise en place…).
Le débat reste ouvert…