L’aveu de faiblesse de la presse suisse face au média radio

Voici la dernière annonce d’auto-promotion de Médias Suisses, l’association des éditeurs de presse Suisses romands :  

Annonce Presse Suisse 05 2014

Décryptage de l’annonce d’auto-promotion ridicule de l’ex très puissante presse suisse qui attaque frontalement le média radio :

«Le pouvoir d’une annonce. Lire cette phrase prend 1.6 seconde et il vous faudrait 2,9 secondes pour l’entendre si elle vous était lue». Faites donc le test pour voir s’il vous faut plus de temps pour l’entendre que pour la lire. La promo commence donc par un leurre. Et même si la lecture prenait 2,9 secondes, où est donc le problème ?

«Vous parler à toute vitesse serait une option mais vous n’y comprendrez plus rien». Pourquoi donc vouloir le dire plus vite ? Les comédiens et les studios de productions suisses savent très bien articuler un texte et le déclamer de manière agréable. C’est faire insulte aux talentueux professionnels de la création publicitaire d’insinuer que les spots radios sont incompréhensibles. L’association Medias Suisses considère peut être que les 8.4 Suisses sur 10 qui écoutent la radio chaque jour sont durs de la feuille (Prévert) ?

«C’est pourtant ce que font de nombreux spots radio avec leur message bien trop long par rapport au temps disponible». Il faut savoir. Les spots  radio sont-ils trop rapides ou trop longs ? La radio permet de transmettre des émotions, de créer des images mentales en quelques secondes seulement. Le festival de créativité publicitaire radio canadien, les Crystal Awards, a récompensé en 2011 un spot de 7,5 secondes incroyablement suggestif. Les spots longs permettent d’exprimer clairement une information complexe.
Le temps disponible, parlons-en. L’atout majeur de la radio est d’être consommée en faisant autre chose (conduire, cuisiner, travailler, se distraire…). Le temps disponible étant de plus en plus réduit, la radio s’affirme comme un média multitâches exceptionnellement efficace. Difficile par contre de lire la presse en faisant autre chose…

«Certains pensent ainsi réaliser des économies en se disant que le temps c’est de l’argent». Et bien oui, le temps c’est de l’argent pour les actifs, décideurs, qui écoutent les infos instantanées à la radio au lieu d’attendre le jour suivant pour les retrouver dans leur journal. Comme internet, la radio est un média du Temps Réel, pas un média du lendemain. Quant aux économies, elles sont réelles si l’on compare le prix d’une annonce dans le journal avec celui d’une campagne radio. De nombreux annonceurs l’ont bien compris. Il suffit de compter les pages de pub de la presse quotidienne pour le constater.

«Avec nous les annonces c’est différent ; nous ne nous contentons pas de faire de la publicité, nous prenons le temps de bien vous informer »: Ben voyons ! On parle de pub ou d’infos ? Depuis quand la presse écrite a le monopole de l’information ? Plusieurs études internationales mesurent la crédibilité des médias en terme d’information, et curieusement, la radio arrive le plus souvent en tête, devant la presse écrite (Baromètre La Croix TNS-Sofres). Aujourd’hui, la presse écrite  trouve son salut en publiant des publireportages, habillement qualifiés de brand content ou native advertising : des pubs planquées dans le rédactionnel, réalisées par des journalistes « volontaires »…

«Tout cela en ménageant vos nerfs ». No comment !

«Dans ces conditions, il est normal que l’on nous préfère aux autres ». C’est vous qui le dites messieurs de la presse romande, mais ce n’est pas l’avis des Suisses qui restent massivement fidèles à la radio durant 103 minutes par jour (Mediapulse 2s 2013). Le temps passé à la lecture de la presse quotidienne en Suisse romande atteint péniblement 12,3 minutes (Source: étude de Publisuisse sur l’utilisation des médias 2011). 

Moralité : La presse suisse en difficulté ne sait plus à quel saint se vouer pour limiter la chute inéluctable de ses revenus publicitaires et s’attaque à ses confrères électroniques qui ont le vent en poupe. Cette annonce pathétique montre une pauvreté créative affligeante. Ecoutez plutôt les 46 exemples de spots d’auto-promotion du média radio collectés dans la base de spots radiopub

Michel Colin

 

 

 

 

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