La grande forme du média radio ne doit pas masquer les menaces du web

 

Mediametrie 11.2014

A l’heure de la publication des sondages nationaux il est d’usage dans la profession de compter les gagnants, les perdants et de mesurer l’évolution du media.  A chacun sa lecture des résultats. Le journal Le Monde a eu l’audace de titrer un article sur le sujet « L’audience radio continue sa lente érosion« . La solidité de notre média n’a pas de commune mesure avec la chute vertigineuse du lectorat de la presse écrite !

Concentrons-nous donc sur la réalité : la radio est aujourd’hui le média qui résiste le mieux au développement d’internet.

En ouverture du 10e congrès national du SNRL, Guy Detrousselle, Directeur du Pôle local de Médiamétrie a présenté les derniers chiffres de l’audience radio avec un regard sur l’évolution des 20 dernières années. En voici trois données essentielles :

  • 81,9% des français écoutent la radio chaque jour (contre 79,2% en 1994)
  • La durée d’écoute quotidienne est de 2h56 (contre 3h13 en 94, 2h55 en 2004)
  • Aujourd’hui 37% des moins de 20 ans écoutent la radio sur un support numérique

Ces bonnes nouvelles ne doivent pas éclipser les menaces qui planent sur le média radio : La forte progression des plateformes musicales, l’évolution des habitudes d’écoute, l’intérêt du public pour la radio à la demande et la radio visuelle, la convergence des médias sur le web, le développement exponentiel des usages des smartphones…

Alors que l’intérêt ou non de la radio numérique continue d’animer les débats, il faudrait ne pas sous estimer les risques qui arrivent du côté du web. N’oublions pas l’exemple de la presse gratuite hebdomadaire qui régnait sur les marchés publicitaires locaux et qui a été anéantie en quelques années par un trublion venu de nulle part, Le Bon Coin.

Un développement de la radio hybride (FM + Web + DAB) dans tous les mobiles et toutes les autos finira par mettre tout le monde d’accord. Mais d’ici là les radios doivent investir dans l’innovation 2.0, en particulier dans leurs applications mobiles. Parce que les auditeurs attendent de pouvoir simplement écouter leur radio personnalisée interactive en mobilité, partout et tout le temps.

Michel Colin

 

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